Bosnie : construire la paix, un jour à la fois
Nemanja Vukmanovic s’est déjà fait traiter de « tchetnik » par des jeunes de son âge. « J’étais habitué », dit le Serbe de 16 ans, en haussant les épaules. Ce mot désigne les paramilitaires serbes durant la guerre de Bosnie (1992-95), qui ont commis de nombreux crimes. Ce genre d'insulte est strictement interdit dans l’école qu’il fréquente maintenant. Le Centre scolaire catholique Saint-Joseph, à Sarajevo, fondé en pleine guerre (1994), reçoit des élèves de toutes religions et origines ethniques, dans un esprit délibéré de rapprochement. La plupart des écoles au pays accueillent soit des Bosniaques, soit des Serbes, soit des Croates. Ici, chacun peut choisir le cours de religion de son choix, ou un cours d'éthique et de morale à la place. Ema, 16 ans, apprécie ce respect et cette diversité. La jeune Croate s’entend très bien avec Nemanja, son camarade serbe. Šila, Mia, Nemanja et Ema fréquentent un établissement scolaire multiethnique du centre-ville de Sarajevo. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Construire la paix, le vivre-ensemble, demeure un effort dans cet établissement, comme partout en Bosnie. La crainte que les tensions interethniques dégénèrent est toujours là. Qui plus est, la guerre en Ukraine est venue raviver de mauvais souvenirs. C’est toujours présent chez nous, cette instabilité. Mais je pense que les gens ont appris quelque chose de la guerre. Ils ne vont pas accepter facilement que ça se répète. J’espère. Certains moments de la journée sont magiques à Sarajevo, comme en fin d’après-midi, lorsque les appels à la prière s’élèvent des minarets et se mêlent aux cloches des églises catholiques ou orthodoxes. Les sons, perceptibles au-delà du bourdonnement des voitures, témoignent d’une mixité religieuse et d’un riche passé culturel. Mais Sarajevo est aujourd’hui beaucoup moins multiethnique qu’avant la guerre. Ses habitants sont en grande majorité bosniaques et musulmans. Les Serbes (souvent orthodoxes) et les Croates (plutôt catholiques) y sont moins nombreux, alors qu’ils sont majoritaires dans d’autres localités en Bosnie. Le quartier ottoman, dans le coeur historique de Sarajevo. Le soir, les appels à la prière se mêlent au son des cloches des églises. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry La guerre a laissé beaucoup de traces, sur les murs et dans les cœurs. Trente ans plus tard, Sarajevo pleure encore ses morts. Le siège de la ville a duré plus de trois ans. Environ 11 000 personnes ont perdu la vie, parmi les soldats et les civils. Chaque année, le 5 février à midi, les étals du marché sont recouverts de toiles. La musique s’élève dans le silence. Une foule de plusieurs centaines de personnes se masse devant un grand mur brun-rouge, avec des noms inscrits en blanc. L'animatrice de la cérémonie prononce lentement les noms des 68 personnes tuées le 5 février 1994, lorsqu’un obus tiré par les forces serbes de Bosnie est tombé sur le Markale. Sarajevo la multiethnique a été frappée en plein cœur, ce jour-là. L'attaque a tué la grand-mère bosniaque d’Una Smajic, 22 ans. Une grand-mère qu’elle n’a pas connue. Tandis qu’elle tient une rose rouge tout contre son nez, et de l’autre main, un cellulaire bien haut dans les airs, des larmes coulent sur ses joues. Una Smajic pleure la mort de sa grand-mère décédée au Markale, le marché de Sarajevo, le 5 février 1994. On aperçoit sa mère sur l'écran de son téléphone, très émue aussi, qui suit la cérémonie à distance. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry L’étudiante née en Australie vient souvent à Sarajevo et s’efforce de comprendre ce conflit qui a marqué la Bosnie et son histoire familiale. Elle dit qu’il ne faut pas oublier ce conflit Impossible d’oublier, d’ailleurs, quand on se promène dans cette ville qui a conservé, volontairement ou non, beaucoup de traces de la guerre, comme les impacts d’obus sur le sol, remplis de peinture rouge, qu’on appelle les Les Roses de Sarajevo, des traces d'obus sur le pavé remplies de peinture rouge, en souvenir du siège de la ville qui a fait 11 000 morts. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Une amie de sa mère, Selma Fejzic Borcak, est venue avec ses trois filles de 11, 15 et 19 ans. La cérémonie lui a donné C’est important de ne jamais oublier, mais on doit avancer. On doit vivre ensemble. La vie continue. Si on veut vivre en paix, si on veut travailler ensemble, on doit d’une certaine manière arriver à se pardonner. Selma lève les yeux vers le mur commémoratif de plusieurs mètres de haut. Elle fait remarquer que des noms serbes y figurent. La rancune, la haine, c’est ce qui pourrait faire revenir la guerre, pense Selma. Pardonner fait partie du processus de guérison, dans lequel elle est toujours plongée. Selma Fejzic Borcak (en manteau blanc) entourée de ses trois filles, au marché de Sarajevo, après la cérémonie de commémoration. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry À chaque visite dans sa ville d’enfance, elle enseigne à ses trois filles ce qui s’est passé. La grande avenue à quatre voies qui traverse la ville se fait toujours appeler Sniper Alley, l’allée des tireurs d'élite. Le boulevard Ulica Zmaja od Bosne (rue du Dragon de Bosnie), surnommé durant la guerre Sniper Alley. On y trouve le parlement de Bosnie-Herzégovine (à droite). On voit, au fond, les montagnes, où étaient postés les tireurs serbes. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Un des buts de la guerre était de créer des parties de territoire ethniquement pures, pour les rattacher ensuite à la Serbie ou à la Croatie. Ainsi, poursuit-il, Pendant plus de trois ans, les peuples s’entredéchirent et la communauté internationale s’abstient d’intervenir militairement, préférant la solution humanitaire, sous l’égide de l’ONU, avec la participation, entre autres, de nombreux soldats canadiens. Les opérations de nettoyage ethnique et le massacre de Srebrenica en juillet 1995, où 8000 hommes perdent la vie, scandalisent le monde. L’OTAN intervient finalement et bombarde les positions serbes. Puis le président américain Bill Clinton convoque les belligérants épuisés sur une base militaire isolée de l’Ohio, pour les obliger à s’entendre. Les accords de paix de Dayton, négociés aux États-Unis en 1995 et signés à Paris en décembre, créent deux entités : la Fédération de Bosnie-Herzégovine d’un côté, aussi appelée Fédération croato-musulmane, et la République serbe de Bosnie de l’autre, la Republika Srpska. La ligne de partage passe par Sarajevo, la capitale de l’État central, la Bosnie-Herzégovine. Le système politique de la Bosnie est terriblement complexe pour une si petite population – trois millions d’habitants – et les possibilités de blocage sont multiples. Les partis nationalistes, reconduits au pouvoir, n’ont aucune volonté de compromis et continuent de s’affronter pour séduire leur base électorale. Les accords de Dayton ont arrêté la guerre, mais n'ont pas créé la paix. Une vraie paix. Et c’est pour ça que beaucoup de gens disent que la guerre s’est arrêtée militairement, mais pas psychologiquement. Milorad Dodik, le président depuis 2010 de l’entité serbe de Bosnie, menace régulièrement de faire sécession, ce qui provoque des réactions des politiciens bosno-croates et bosniaques. Les tours jumelles « Momo » et « Uzeir » brûlent sur l'allée des tireurs d'élite dans le centre de Sarajevo, alors que les bombardements et les combats font rage dans la capitale bosniaque, le 8 juin 1992. Photo : afp via getty images / GEORGES GOBET Rusmir s’inquiète de l’impact de ces paroles, retransmises jour après jour dans les médias, On a construit plusieurs générations, depuis 30 ans, de gens qui ne se connaissent pas entre eux, qui pensent que les autres sont des ennemis. Tous les jours, on leur dit qu’ils sont en danger s’ils ne votent pas pour le parti nationaliste. Les politiciens jouent avec le feu. Il se demande si la jeune génération réalise l’horreur de la guerre, dont l’histoire se transmet plus ou moins dans les familles, et qui est trop récente pour être enseignée adéquatement dans les écoles. Chaque parti ethnonationaliste commémore ses propres victimes, séparément. Le terme de Une femme marche parmi les pierres tombales au Centre Potocari, près de Srebrenica. Photo : Associated Press / Amel Emric Il n'y a pas de Manar Jaber, 33 ans, est née à Montréal d’un père libanais et d’une mère syrienne. Mariée à un Bosniaque, elle nous reçoit chez elle autour d’un café traditionnel et de biscuits, suivis d’un alcool fort de prune maison. L'orthophoniste scolaire raconte qu’elle est venue en Bosnie la première fois en 2015 pour un projet de coopération internationale à Tuzla. Elle a croisé Émir Karamujic dans la rue, ils ont eu le coup de foudre. Ils se sont revus et mariés, puis installés dans un appartement avec vue sur la ville de Sarajevo. La Québécoise d'origine libano-syrienne Manar Jaber et son mari bosniaque Émir Karamujic, à Sarajevo. Ils ne craignent pas un retour de la guerre, mais perçoivent des tensions. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Son mari, coordonnateur logistique pour une entreprise de camionnage américaine, vient de Brčko, un district multiethnique, près de la frontière croate, coincé entre deux parties de la Republika Srpska. Il se souvient d'avoir fait les 400 coups à l’école avec ses deux meilleurs amis, un Serbe et un Croate. Mais toute violence ou insulte liée aux origines ethniques était sévèrement sanctionnée. Quand il revient dans son village, Émir observe une cohésion sociale chez les citoyens ordinaires, loin des joutes politiciennes. L'église orthodoxe de Saint-Varnava domine Sarajevo Est, dans la République serbe de Bosnie. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry On quitte le canton de Sarajevo, qui fait partie de la fédération croato-musulmane, pour arriver dans l’entité serbe, à l’ancienne petite ville de Lucavica, renommée Sarajevo Est La ligne de démarcation est imperceptible. Ou presque. Un drapeau serbe se dresse au milieu d’un rond-point, à côté des anneaux olympiques des JO de Sarajevo en 1984, un souvenir rassembleur. On longe des immeubles récents par un chemin piétonnier jalonné de bustes en bronze rendant hommage à des personnalités serbes : poète, patriarche, commandant de la Première Guerre mondiale. Ici aussi, la population semble plus préoccupée par le quotidien que par la politique. Mila, une retraitée serbe, prend la vie du bon côté. Une femme serbe qui a perdu son mari pendant la guerre, à Sarajevo Est, un secteur en plein développement résidentiel. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Est-ce qu’aujourd’hui elle arrive à bien s’entendre avec tous ses voisins? D’autres préfèrent s’en aller. Une vague d’émigration massive touche le pays. Selon l’agence nationale de statistiques, 500 000 personnes ont quitté la Bosnie-Herzégovine entre 2013 et 2019 et 170 000 pour la seule année 2021. Hrvoje Vobornik, 32 ans, né en Croatie de parents bosniaques, voit des amis partir. L’idée lui a aussi traversé l’esprit. Il précise que, dans bien des cas, ce n’est pas le salaire ou des raisons économiques qui les poussent à plier bagage, mais Hrvoje Vobornik, d'origine bosniaque et croate, a étudié en littérature française et italienne et vit de contrats de traduction. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Un échec de Dayton, selon l’historien Nicolas Moll. Si on définit la paix comme quelque chose de plus que l’absence de la guerre, comme la construction d’une société où les gens ont envie de vivre et vivent bien, on est loin de ça. Qu’est-ce que la communauté internationale aurait pu faire de plus ou de mieux? Selon le dernier recensement, qui remonte à 2013, environ 3 % des gens ne se définissent ni comme Croates, ni comme Bosniaques, ni comme Serbes, mais comme habitants de la Bosnie. Almin Škrijelj, président de l'assemblée générale de l'association L’Éducation construit la Bosnie-Herzégovine - Jovan Divjak. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Il observe que cela ne favorise pas l'unité. Le poids des trois peuples constitutifs dans le jeu politique brime les autres minorités. Les Juifs, les Roms, les Macédoniens ou les Albanais n’ont pas le droit de se faire élire à certaines fonctions, comme au Parlement de l’État de Bosnie-Herzégovine. Heureusement, des initiatives de la société civile ou d’acteurs culturels construisent peu à peu une identité commune, un dialogue entre les différentes mémoires, sans se laisser enfermer dans des logiques nationales. C’est le cas du Musée historique de la Bosnie-Herzégovine. Sa directrice Elma Hasimbegovic, née à Sarajevo, sait que l’histoire peut être un sujet de conflit. Elle contourne cette difficulté en proposant Par exemple, l’exposition permanente sur le siège de Sarajevo met en avant la résilience et la créativité des gens ordinaires. Le Musée historique de la Bosnie-Herzégovine s'efforce, par ses expositions, de construire une identité commune et un dialogue constructif entre les peuples. Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Une nouvelle exposition traite de la résistance antifasciste pendant la Deuxième Guerre mondiale. C'est même mon meilleur ami!
s'exclame-t-elle. Assises à côté d'elle, Mia et Sila affirment que c’est stupide de regarder la nationalité, parce que nous sommes tous pareils, nous sommes tous des humains
.
Pour moi, c’est quelque chose qui est normal
, dit l’enseignante croate Ana Mocnaj, qui a fréquenté cette école dès son enfance. Mais de nos jours et dans cette partie du monde, les Balkans, c’est un peu bizarre quand tu dis qu’il faut être unis, respecter tout le monde. Ce n’est pas toujours le cas, malheureusement.

Ne jamais oublier, mais avancer

C’est très émouvant, dit-elle, c’est un massacre tragique. Ma mère n’avait que 19 ans quand sa mère a été tuée. C’est un grand traumatisme pour elle.
Je pose des questions à mes parents, je lis sur le sujet et j’ai visité les musées qui expliquent tout en profondeur.
dévastateur
, qui a fait 100 000 morts dans toute la Bosnie. Roses de Sarajevo
. Ou encore les nombreuses traces de balles sur les murs des immeubles, encore visibles, même bouchées avec du ciment.
la chair de poule
, parce que son frère est mort lui aussi pendant la guerre, tué par un sniper.Je ne peux pas dire que je hais les Serbes, parce qu’il y a beaucoup de Serbes qui sont restés pour défendre la ville durant la guerre, reconnaît-elle. Ce sont aussi des victimes.
C’est dur, mais il faut essayer. Sinon, on ne devrait pas venir à Sarajevo.

Mais je ne leur apprends pas la haine
, répète-t-elle avec conviction.La guerre expliquée par un historien
Ici, c'était particulièrement dangereux
, rappelle l’historien Nicolas Moll, qui vit à Sarajevo depuis 18 ans. Les tireurs de l’armée serbe de Bosnie étaient postés dans des immeubles proches de l’avenue ou sur les collines alentour; ils voulaient terroriser la population.
La guerre de Bosnie-Herzégovine était une guerre entre ceux qui voulaient une Bosnie indépendante et multiethnique et ceux qui refusaient ça, explique-t-il. Parmi ceux qui refusaient ça, il y avait des nationalistes serbes, des nationalistes croates, en Bosnie-Herzégovine, soutenus par Belgrade et par Zagreb.
les nationalistes serbes se sont acharnés sur la ville de Sarajevo, parce qu’elle était un symbole de mixité, par ses traditions, son architecture et sa population
.La guerre en Bosnie-Herzégovine ne s’est pas terminée par une victoire militaire, mais par un compromis
, résume Nicolas Moll.Tous les jours quasiment, il parle de ça. Mais il ne passe jamais à l’acte
s’exclame le journaliste Rusmir Smajilhodzic, qui couvre la région des Balkans pour l’Agence France-Presse depuis 20 ans. Mais le fait de parler tout le temps de ça, ça provoque automatiquement des réactions, surtout des Bosniaques.

La guerre des mots
du poison sur le long terme
. On a des gens qui ont 25 ou 30 ans, qui n'ont pas connu la guerre, qui ne savent pas ce que c'est
, dit le père de deux enfants. génocide
pour le massacre de Srebrenica est même contesté par le leader serbe Milorad Dodik. 
politique de réconciliation
, s'inquiète l’historien franco-allemand Nicolas Moll, établi à Sarajevo.En fait, ça les arrange de garder et de stimuler la mémoire des souffrances de leurs propres gens. Et donc les mémoires restent vives et sont souvent mobilisées d’une manière négative de la part des élites politiques.
Une Québécoise à Sarajevo
On peut facilement allumer des étincelles, parce qu’il y a encore du ressentiment
, observe Manar.
Si quelqu’un voulait créer des conflits, ce serait facile. Aux nouvelles, oui, il y a des démonstrations de pouvoir d’un côté et de l’autre. Mais on n’en parle pas vraiment, ce n’est pas un sujet de la vie quotidienne. Les gens en ont un peu ras le bol de parler de la guerre, des tensions nationalistes. Selon mon expérience, ce n’est pas récurrent dans mon entourage, ma famille, mes amis.
Bien sûr, il y a des tensions qui sont présentes, dit-il. Mais elles viennent surtout de l’extérieur, par exemple de l’influence russe sur la Serbie et sur la République serbe de Bosnie.
Côté serbe, à Sarajevo Est

Maintenant, mes enfants sont mariés et ils ont fini leurs études. C’est ça la richesse, c’est ça qui est important
, dit-elle, avant de raconter que son mari a été tué pendant la guerre par un sniper, à l’âge de 33 ans.
Je respecte toutes les bonnes personnes, répond-elle. Et celles qui ne sont pas bonnes, je ne les regarde pas! La guerre est passée, maintenant il faut qu’on vive. Mais vous savez qui sont les pires? Ce sont les politiciens qui nous guident, qui nous volent, qui nous manipulent.
Fuir la dépression politique
Ils ont perdu l’espoir de changer les choses, dit-il. Ce n’est pas que les choses ne changent pas, mais ça prend beaucoup du temps. Et les gens, ils n’ont pas le temps en fait, la vie est courte!
c’est juste cette dépression politique, cette désespérance pour l’avenir
.
Développer une identité bosnienne
Penser la Bosnie en termes de citoyens plutôt qu’en termes ethniques
, suggère l’historien.Bosnien, c'est un mot qui n’existe pas dans notre constitution
, dénonce Almin Škrijelj, un homme d'une quarantaine d'années qui s'implique auprès des jeunes défavorisés et des familles de personnes tuées pendant la guerre. 
Il n'y a pas de bombes, de grenades, mais c'est la guerre de la parole, comme au début de la guerre
, dit-il, préoccupé.Une discrimination
, dit Almin.un récit plus inclusif sur le passé
, pour faire du musée un lieu de dialogue constructif
et de rassemblement des gens
.Au lieu de nous concentrer sur l'interprétation politique de l'histoire, nous avons décidé de traiter du rôle des citoyens, explique Elma Hasimbegovic, de transmettre un message plus universel et de promouvoir à nouveau la paix comme idée principale.

La résistance yougoslave des partisans était l’une des plus importantes en Europe
, précise son collègue historien Nicolas Moll.Elle rassemblait des Serbes, des musulmans, des Croates, des Juifs, des Roms… C’est important de montrer que, dans l’histoire de la Bosnie, il y a une tradition du vivre-ensemble, du faire-ensemble, qui ne se laisse pas enfermer dans des logiques nationales.
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